PAUL EMILE QUIGNAUX

dimanche 26 avril 2009

Amarrée



Grelots pour un crâne qui se scelle, déridant des steppes d’angoisses rampantes. Sourdes montées de torsions et remords. Acides aux tripes. Le suint d’une tonte répétée. Inlassable. Intérieure. Une grande fresque où burinent nos chants. D’anciens jardins, ronces folles herbes, décombres. Quelques frises calmes qui parcourent la fêlure imperceptible, claquent la porte. Un pas s’avance sans retour. Elle, encore ouverte sur des espaces inutiles quête le repos des compromis infernaux. Je ne céderais pas si violente, si absolue, est ton étale.

Le bug de l'an 1000


En dehors de la ville plate, une forêt, et à deux lieux de là, au porche aux biques qui penche, commence le taire y toise du Saigneur, en coudées larges des semences qui le joignent, supposées refuges et maintes réserves aux dires. Là, des bâtiments taupes laissées aux nonnes toutes vouées aux desseins dures et craints du Tout-puissant. Les Nobles laids s'obligent à y prodigualer la faconsité insatiable aux veilles mères vierges et dans ce tant, plus d’un mâle fut mis du gras à cran des jeux guerriers et des poses de la vie. Les mésiconarétables adolescents bien pansus pensant, aux mains fines et bien d’argent, y pavoisent et l’empavanent les soirs au pied herbassé des murs du couvent où nonalites et litanonnes du branle saigneur contournent hymens et rigoles par maux dits courts, criolets soupirs, et écarquillent les pauvres pierres pour s’envalver les yeux. Les bleusaïdes permiches y relèvent cotillons et festoyables derrière les bosquets des dormoirs. Belles et niables heures passées dans ces prières et cloîtres sombres ! Les impudentes charmilles dressées comme êtres bustives aux vents, nuées et râles doux…Mais rien est tel ! Dans les sussures telle ment et allicante ses pavoises. Seules atteintes les regards-bave des bleumoïdes aux poils irisant. Sevrain pinotte que leurs prunelles les dénunatent. Telle autre envie chaude et pérumente les fous plaies sirs, jeunes et neuves du bite en scène dans le couïsse de leur lit. Seule y taire chacune leur souffle pour que n’égoutte la Supérieure aux pervisions miraculeuses. Calottes et suées, pleurs de peau encudnacée depuis tant et temps dans les basses nuits des viles couvents des noirs saigneurs de ce chair occident.

Fait d’hiver


Il neige. Trois ado arabes tapent à la porte. Personne. Hésitent, vont et viennent. Les keuf ont embarqué leur ami poignardeur d’un bouc-émissaire d’un vulgaire collège. Trois ado arabes rédigent en vitesse une vengeance. Le bouc-émissaire crie dans la salle d’op d’un piteutal. Ils n’ont pas quinze ans et s’entrelardent. Trois ados arabes pénètrent l’irréel de leur vie par l’orifice acier de menottes serrées jusqu’à l’os. Le bouc-émissaire comptera à jamais ses entailles et les trois petits ado arabes leurs gouttes de sang misère.

La buse abuse

Ya d’la pierre, de l’horloge et de la mort puis un cercle de pierres, l’espace de forces mortes. Un temps las. Hors de là s’échappe du pollen de pivoine sang. Passe la stridence d’un grillon. Des bruits d’ailes. Un battement. Donc un cercle de temps lent, un espace de pierres lasses. Au travers suinte de la lumière. Des crispations, le tenu d’un plané irisé de zébrures. Reste le cercle d’espaces lents, là, dans les franges de vapeur. Au dessus darde un doigt pointé vers une buse tournant sous un nuage d'orage. Puis l’abus, l’image de la chute d’un quelconque, du ciel à la tombe.

samedi 18 avril 2009

Interview de Bokassa


Et sa dadaiste Sérénité de me répliquer : "D5, E6, A8, C3, le petit peuple blanc est mort mat. Les pions, les fous, les tours puis la dame et le roi blanc ont chu. Le cerveau noir était plus fort en nombre (sic) . Trop longtemps le blanc conseilla le noir avec mépris. Trop tard le noir gagne. Rien ne va plus chez les blancs qui auraient préféré être jaunes (rires) Ha, Ha, Ha ! Moi j’en ris et file la pièce à l’albion "(incompréhensible)".
Fin de l’entretien m’enjoignit alors le premier empereur noir…

L’urne

Nous, nous étions nombreux à pleurer le mort. Puis crémation et collation. Famille amis tous réunis. On l’aimait tous le mort. Puis seul, je suis allé chercher son urne. Coquet bureau, croque-mort affable. Et cendres chaudes du mort aimé. C’est alors qu’elle est passée. Seule, ivre de larmes quittant la salle du recueillement après les flammes. Quelconque sans âge. Triste imperméable. Abandonnant son mort. Large mouchoir étouffant les milles entailles, les infimes cris de sa douleur infinie. Envahie par l’absent, elle a montait seule la petite pente vers le parking, moi dans ses pas, mon urne chaude en mains, la poitrine bloquée de son inhumain désert. Elle. Seule.

lundi 13 avril 2009

Boudin azyme


Passons au Fils du Père, soit dit gisant dans une charcuterie, sous la pierre gardée par un moine velu qui tend la main et pue le pu. Des chapelets de saucisses encensoirs, graisseuses fumardes, bouffées aux vers depuis les croisées, crochées aux voûtes. Et on se voûte-voûte en rang et psalmaudit la porte trop basse. Les pèlerins en stimulis gargouilleux se tiennent par la main, pénètrent l’indestin du Sépulcre Saint, recueillis sur leur estomacs, se courbent et entrent dans le boyau pour le dernier tango du religio, pour refiler son dollar au vieux crasseux, gardien du lieu du sang et de sa chair. Tous trafiquants de boudin azyme. Une fesse par là, un morceau pauvre de l’autre, un pet caché pour se faire pardonner. Plus tard, ils referont le chemin de croix avec, à toutes les stations, une goulée de Coca jusqu’au Golghota. Huileux enfants, recueillis lardons, saindous d’esprits, fois maigres, foies gras d' il était une fois ici bas. Tous en prière mes frères. L’Agit-Christ, nom de Dieu ! Pantin pour nous, lui qu’a tant su faire …

Les mantes à Sion


Mise au bas du mur, une foule craintive aux bras bleuis. Pas de bleus comme les Gaza fillettes mais par les sangles, par la hochante des hommes couverts écartés des femmes. Pour eux, un espace deux fois plus grand, ils ont deux fois plus à gémir, à vomir leurs états et la peur, le compromis avec l’Halacha, tous engloutis dans l’exhorte, ocquet sans fin sur le fil, entre le tohou et l’autre face le bohou, de la Netsah sur l’Hod puis d’arrière en avant, Tiphérète sur la mal’houte comme le chien sur la chienne, A.Kadmone foutant E.Kadmone. S’extraire, dire, dire, parler encore de soi, exhaler sa pestilence, aspirer son existence, dans l’interstice des pierres du Temple. De l'autre coté de la barrière, les femmes acquiècent, halètent et roulent par leurs petits cris mères, les enfants blêmes de Salomon en galets golem tout ronds, tout Sion.

Ptite miss pas grossée


Il y a une cloche malice au creux prière de tes mains jointes. Au loin filent d’écrasoirs mâche-minutes, un horizon où frissonne lactée ta larme fossile. Je t’ai déjà parlé des saga putain, des seins veinurés, du breuvage des agaves, de la succion des marécages femmes, de la sève mertume des citronniers. Mes ballades moissons, les abus, la sueur de tes cotonneries. Patronne petite, tu distribuais alors notre semaine, au nom des tiens, des raclures raides de ta race, buveurs de lait et de bourbon. Non, ptite Missié pas possible ! Noé mettre ça pas bas. Mouillée tes reins par la vapeur tiède du marais ? T’en veux un enfin entre tes cuisses, hein ? Inutile d’arnaquer les tiens. Z’auront plus ma peau. Tu peux me frapper du nerf tressé de nos carnes, au fond de toi me cracher morve, me traîner bête au boucher. Tu peux aussi m’écouter, passer pays chez moi. On y trouve des femmes aimées, déliées, coureuses de serpents caresses et d’herbes lutines. Elles te feront pas mal. Elles te délivreront du blanc linceul. Et l’on rira. Libre maintenant je suis.

dimanche 12 avril 2009

Ruine Yemenite

La gouttelarde bourdonne, cavarde sa renifle de bas en haut, renfile son pagne, brassarde ses guenilles, actualise son fard, se hausse du col et démarche trotti-trotta, sans gêne, vers les thermes. Entre les colonnes cannelées, elle mouille, fait la moue, ballotte son sexe démètré et sa douleur claudicante, un coup sur deux. Céramiques aux festins d’animaux sacrés, sous ballouches, hanches fripées, rondeurs décalées, graissouille malmenée. Pour la Reine des Sables, saba de plus en plus mal, même bancale, elle se ride.

Schizo



Rougeurs obscures d’un homme en pluie, frêle et fidèle qui vit de creux et dort d’absence. Décombres gemmes d’un homme en arbre, mince et dense qui sourde de cris et blême s’enlise. Grabats sans froids d’un homme sans mains, cible censure qui croche le ciel et s’épuise las. Sauts exils d’un homme en plis, atteint complice, qui fouette l’air et lèche le temps. Tâche immense d’un homme en peine, vaste nef qui pleure son ire et perd son sang. Court, crache, fuit, tue, ces hommes. Vite !

vendredi 3 avril 2009

Insectcrivains

Un cafard capillaires pattées sur la page marche, titube et fugue. Dans mes rets, zou, une patte en moins! Faudrait pas me manquer de respect ! Hier un autre noyé d’encre, son premier feuillet a signé. Aujourd’hui ses balbutes collées chlinguent. Punaises puantes. Demain à l’essai... Des haines jusqu’à l’haleine, mes voisins puent aussi, vieux barbus et pauvres vieilles. Baguette, raviolis froids et bières dans un studiopurin. Pas d’aube, pas de rosée. Pas de nuit sans nuit.
Courez vite petits insectcrivains ! L'écrit vainc les cris vains
! Graphopattes en page courez ! Pondez les signoulaminis minous! Dites moi " A ton tour maintenant ! "

Autiste 1

On m’avait dit qu’elle n’était plus qu’une lèvre unique, sillonnée de flaques, grêlée de sable, léchant à petits coups sa nourriture dans de grandes vasques, qu’elle chantait fleuve, qu’elle courrait sur la rambarde des terrasses, qu’elle criait : « nue, nous, nue, nous », qu’elle s’effondrait en fièvre cernée par le carrelage, hernie baveuse qui trace du doigt dans sa salive ses sentes du soir, se recroqueville filant ses cheveux jusqu’à sa bouche en pinceaux noirs portés au sexe d’où coule son sang dés qu’elle fredonne son chant des chaînes « Nue nous, nue nous, nue nous ». On m’avait dit qu’elle se larvait sur ses dessins, entre ses griffes et dans l’attente, debout contre la vitre, y plaquant son ventre haineux qu’elle épanchait, empreinte de sueur et de chaleur. « C’est sucré » disait-elle « C’est mon miel » disait-elle puis elle psalmodiait son chapelet d’hiver en sursauts brefs, prière contre son verre, ode à sa cage. Après deux jours d’un chant plus long, d’une lèvre unique contre la vitre, elle céda dés que la buée goutta ses larmes en rigoles huileuses devant ses yeux. Enmielée de peurs et de nouveaux songes, effraie blanche aux grands yeux ronds clouée vive, hululante, à la porte de son néant..

mardi 31 mars 2009

Les croisés


Deux enfants nus marchaient sur un chemin. L’un d’eux, un poignard noir à la main, avançait à grands pas, le regard perdu sur la ville au loin. L’autre plus petit trébuchait. Deux gardiens titubant, rasés de frais sous leur grande cape blanche, le bec percé d’un clou, les ont croisés. L’un d’eux les a fixés de son œil rond et terne. L’autre fatigué d’espoir a tendu la main. Le petit enfant a craché. Ils sont passés, poussés par le vent, agrippés par le temps. Deux enfants nus marchaient sur un chemin. L’un d’eux, un poignard rouge à la main, tenait dans l’autre une grappe de raisins. Le petit, les mains jointes, se gavait à sa faim. Deux ombres blanches loin derrière, se profilaient, bousculées par le temps, happées par la plaine, nappées de nuit, bleuté de mort, les mains basses tenant leur ventres ouverts.

Photo retrouvée


Pilonnages à l’aube, l’auge des bombes, les ornières des camions, leurs freins cris de baleine, les grondements coptères, l’incandescence des tirs, l’encens des discours, l’indécente Pacification, sans heurts, douce, rien qu’avec des billes et de l’agent orange. Photo d’opéré, un corps adolescent, svelte mineure, minceur des flancs criblé de trous. Agence Gamma 69.
Un hasard dans mes recherches. Tout est passé au pilon de ma mémoire. Des millions de visages pilonnés. Des millions depuis photographiés. Du papier chiotte pré-numérique, préhistorique. Cérumen de chair humaine. Bel hymen du vagin-latrine d’un Occident trop mien, très tien, à toi qui me lit …

jeudi 19 mars 2009

Dispensaire de Kali Gate


Pourquoi es-tu toujours là ? Oui, toi, toi le chauve. Tes sept-huit ans presque nus, corps croûté que j’ai épluché. Tu n’as pas crié, ni pleuré. J’ai tout arraché au couteau. Ta chair noire anémiée, nécrosée. La vermine festoyait jusqu’au nacre de ton crâne. L’air moite, ma sueur. Je t’écroûtais. Qui sait écroûter un enfant-plaie ? Le crâne, le dos, les bras, le ventre, le bassin, le sexe, les cuisses, les jambes ? Combien combien de plaies t’ai-je ouvertes ? Quand ai-je cessé de trembler ? Quand t’ai-je regardé ? Je n’ai pas rêvé. La pommade te soulageait. Un beurre blanc. Je l’enfouissais profond à la main dans ta pourriture puis je pansais. Ne pas penser, ne plus panser. Tu es toujours là. Tu ne m’as pas quitté. Ta photo sur mon bureau. Ton corps nu. Chauve. Tes grands yeux noirs sans douleur, sans tristesse, sans prière. Tes yeux calcuttesques qui m’ont appris qu’un homme peut pleurer à sec.

mercredi 18 mars 2009

Aube

Sur l’épiderme de ses mots, à l’ombre de sa bouche, courent de grands frissons satinés de froids. Ils sonnent déployés à l’aube, s’agitent, hésitent dans le frais puis filent en trembles au ressac assagi de sa fourrure inondée. Cris et soupirs s’étirent à l’emporte-pièce tressant des anneaux fins sur la chair de sa lèvre un peu gonflée. Silence en dos, en repli sage hors de la nuit. Elle, cathédrale, verte, tendre et noire, ourlée d’amour.


Golghotations


Béni, oui, oui ! Hé, hé, à temps ! C’était de l’être ou pas ? Etre de bois si faire. Etre Lucifer, lu si ça doit l’faire, si l’on circoncise la présente âme à Dieu colère, Lui Kippour nous a tant souffert. Hé ça va les temples? Shabat les tempes! A genoux devant Dieu. Où l'est la scie du castra triste à circoncir les laids ? J’te reconnais pas, J’te reconnais pas, J’te reconnos pas comme un prophète. Et pourtant, pour tant, en cicatrices, là haut en croix, j’ai eu mon compte au Golghota ! Prières divines et devins marchands. Que d’eau, de vin et de sang ! A Tibériade combien de poissons et, j’sais plus où, combien de croissants ? Tiens, tiens, en v'la d’autres. Noirs et ombres. Ors et pourpres. Blancs zailés. De toute façon, c'est d'autres clercs, d'autres clients. Et d’autres z’entrent en plus qui hululent autant à temps. Mots à remèdes, y disent, peut tout dans les cieux : elfes 16 et mirages. Tous au Sinaï, tous la tête dans le sable, bande de raïs naïfs, de trop zélés, de pleutres baisés, de rescapés du Père Néant!

samedi 14 mars 2009

Houblons


Quelque chose se couple à moi. C’est un cycle, un rond, un fond rond. Sucré et prunellé, de la souvelance d’égouts fumellant. Un bain de poisse sienne brûlée au dessus des têtes, ici. Là, là au plafond de la nuit ! Avec un poil frisé à qui ? Au beau milieu d’un verre à mort d’un matin encore, dans une marre square, au creux de ma poitrine se soulève l’haleine d’Hagard, Hagard, c’est mon nom… Deux larmes matutinales, une bandaison, bah, c’est même plus un sanglot mais l’habitude. Et ça diminue, minou, minette. Ho hisse ! Plus tard, je serais sec au matin, même plus craintif, même pas peur, sans ongles en griffes sur la grande pente des bières du matin à la terre.


R


R comme Radikal. Les index probatoires te criblent à grands renforts de Väterland natal. Céder ou se taire ! Grand merci ! On ne se châtre plus sur la Bible. Rives tes bornes sur sa langue. Te rappelles-tu de ton amie d’Uz en 72 ? Dis-moi Ulrika qui a poussé la chaise ?

vendredi 6 mars 2009

Sein


Gynécée d’océaniques nuages, cernée l’hiver d'embruns de nacres vagues, de furieux fous de bassans et malamoks, lumineuse de particules d’étoiles et de lunes dessinant ses lointaines cousines du Sud où la mer est jaune et boueuse, où Yemanja règne et baise à mi-eau les corps des pêcheurs jacanda à l'aube, l’île de Sena, autrefois, était aux femmes. C’est un dimanche qu’elles prirent le noir lorsque des hommes en proie de croix, bravant sorts et brisants, débarquèrent pour pénétrer leur chair et devenir leurs aimants. Il y a fort, très fort longtemps…

Beyrouth


Dans la cité détruite parcourue par les nausées, près de la mer lourde qui oscille et des plages devenues mortes, sur les restes d’une boîte aux lettres, assise, plaie informe, une ado, kalatchnikov sur la poitrine, porte à sa lèvre mordue le goulot coupant d’une bouteille d’oxygénée ensanglantée.

mercredi 4 mars 2009

Nord Noir de Cao Lai


Jouant sur le crassier marin, un doigt gratte la terne terre. L'ongle perpendiculaire depuis la pluie à la mer. Son rêve pénètre une algue-fleur et y trouve une forêt de filaments longs arc-en ciel. Un pauvre doigt ivre de fatigue de mille coupures perfides. De son empreinte salée de pleurs, le sang sort acide. Près d’une racine qu’il voit marine, un doigt se vide et se retire. Trou rond élémentaire. Grammaire de la terre noir d'un enfant crasseux stationnant sa famine sur un rail, qu'au loin une sirène rappelle à la mine.
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Nom de Dyeux !


Chers amis potographes, vous yeux pro de nous simples mortels. Porte-flash, bites lentille, flingueurs à politiques, mouches à guerres et famines, tringleurs d’instants tannés de tout, gobe-nature et globe-trottoirs, papa-raseurs de mamans razzia, engrossés des miséreuses, pipol snipers, éplingleurs de mirettes rieuses, enjoliveurs de corps désirs. Vous tous et toutes, chers, très chers êtres-oeils, maîtres des clic-clac, cocottes…Voyons, voyons, voyons. La-haut est le grand Œil et vous, vous, vous êtes si bas, si ballottés, si gogo centrés, si exonérés, sourds oxygénés. Sous ex, sur ex, dans le néant de l’Ex, dans l’œil du béant, de l’instant mage qui hennit : Hi ma, Hi ma, Hi ma, pas culée, pas laya, simplement Je, Je, Je. IMAJE. Lis mon Je, lis ma Je. Vos dents cliquent et claquent, amibes cannibales. Mes frères, mes sœurs, metteurs de je en joue, faiseurs de jeux, pipoteur d’yeux, mythes à mort des chambres noires, à quand la révélation, la lumière, pour que vous fixiez enfin votre simple, tout seul destin de plaise aux Dieux ?

mardi 3 mars 2009

Première morte


Les yeux chargés, ses épaules rétrécies et frileuses. Elle est longue, plus longue, longue sous le drap. Sa malice en réclusion sous une raide pâleur. Sa poitrine susurre qu’elle ne dort plus. A l’arrêt sous ses mains, elle s’adoucit, se relâche. Une minute la métamorphose. Son visage cristallise. Des Cassiopées grains de sable l’envahissent. Eclair d’une douleur puis douceur. Sa randonnée commence. Seule enfin en territoire de nuit, très légère. Plus fins ses os, plus blanche sa peau, plus infime son souffle. Le nombre de ses pas dépasse déjà celui des coquillages et des planètes. Un masque de gamine vieillesse. Sourire. Elle. Grand-mère. Cadavre.

dimanche 1 mars 2009

Retour chariot, gling !


Y a trente ans, j’ibémais à boule dans du blanc vif. Et vlan retour chariot sur écran. Que reste-il d’ma frappe ? Un crépitage mollusque, des lettres sans mots, des maux sans âtre, du moisi d’être, un théâtre de cendres qui braise-bêle. Aucun sujet à sujettir. Plus de peur que de mâle. Plus de tigre de papier à crépiter. J'erre, je cherche, je cherche je cherche du poil désir à griller, du tabac à têter, du fort à breuver , d’la mouche à morve, du tord narines, du torve à ordre, du ricain marines, du qui raque rangers, d’la preuve qui tentacule, qui mord la chair père, qui perce la chimère, du qui rassure et qui berce l’homsonge. Appel, appel à riffifi et rattafia pour les gars de ma planète qu’halète! Pour les lolitaines gueuzettes mignardes, les angelina lolo à chiards. Hola, Hola, m’ouïssez vous, binarisé dans mon demi-siècle, saturé d'écran-ronron, de tant d'étrons d'électrons. Sans blanc de page à torturer, j’hèle l’air en manque ? Gling, vlang, gling , vlang, gling, gling, vlang,....

samedi 28 février 2009

Déserticulée


Et ce monde pendant mon absence ? Comment sévit-on actes, hommes et femmes ? Charrie-t-on toujours les touts-petits ? Parles-moi de là-bas qui ne veut s’effacer. Des nuques rasées, des os en poudre, de ceux qui savent, du chant des herbes sous le couperet, de ton ombre, toi dans la rue quand tu passes ? Il faut que je te dise. Je fus réveillé la première nuit, dans la grande salle de leur musée. Un mur de graffitis et de photos. Un titre : filet de bave et surfil de sang. Un autre : commissure d’un garrotté. Des pièces d’encéphalogrammes. Et le bruit, la noria des souffles. Tu courrais dans les genêts et nous étions haïs. T'en souviens-tu ? Ce jour-là, les verbeux furent déposés à l’aube sur le quai des églises, dans toutes nos vallées. Mes mains devinrent froides. Seul le cri du violon hésita puis chuta du trait plein à la plainte. Il y avait dans le champs face à ma lucarne: des corbeaux très très noirs, des Azraëls en rut brisant les mottes gelées à coups de bec secs furieux. Des vers-couteau requis à l’air. Orgue désaccordé d’une cathédrale sans toit. Des enfants la tête en terre et les pieds dans les nuages. Tes seins ont du vieillir. Le temps goutte des larmes d'ombre, ourlaize la peau, anémie les yeux. Eux, voient-ils une chienne sur le dos en plein soleil qu’ils décochent leurs pieds rageurs et dans les côtes de la bête , s’acharnent… Nos caresses étaient lentes, pélerines, ruisselantes de saveurs de fromages et de vins. Le pain sec insistant sous nos fesses, le lit habité de jours entiers, d’infusions, de fureur, de sommeil et de rêves. Tes mains ! Encore étonnée ? Par la montée de mes doigts en marée timide dans le gouffre que joints en corolle tu formais de tes paumes ?
Un jour dans ma cellule, ils firent entrer une fille, rasée elle aussi. Elle ne parlait plus. Ses yeux n’étaient qu’orbites. Puit insoutenable. J’ai pris sa main, l’ai léchée comme un chien a faim. Noyant mon visage dans ses empreintes, grattant son sol de ma langue. Chaque trace dévoilaient des sources à sa surface puis des villages, une odeur de pipe et de raisin. L’intérieur était la terre fertile. L’extérieur les mers. Et entre ses landes doigts, des voies lactées. De ses lèvres a perlé un soleil et de ses cils, venu de très loin un ruisseau, un ruisseau en attente d’eau. Dans sa main la joie usée d’une vie brûlée. Ses doigts rougissaient. Ils me l’ont arrachée. Des injures. Puis, elle, elle, déserticulée, dans l’encadrement de la porte.
La suite, tu la connais jusqu’ici. Infirme de tout cela. Tu comprends, hein dis moi ?

Fragments du discours d'une inconnue pour le 100 ème anniversaire de la mort de Lacan


........« Hé, hé, que voulez vous ? Il y a des caresses qui nourrissent le phallus saigneur. Suivez bien les contours foulés et refoulés, les qui sentent à plein nez. Evitez les tessons de bouteilles, les cannettes de bière percutées, les landaus césarisés, tous les écueils qui vont joncher notre propos, cet amer intérieur vers lequel nous faisons voile.
Rappelez vous…, souvenez vous de ce truc, cette chose, cette physique à cent, à milles plaques, toutes noires venues, du très haut, de cette métaphysique céleste,
d’un hermaphrodite, hermétique, d’un immonde sans monde, sans ying qui fait bang, sans yang qui fait big.
La fécondité, disais-je, est plus que lacérée, dégonflée, en lambeaux. Son procès révèle notre nudité sans sexe, sans maux. La terre était donc limbe, à poil, imberbe. L’esprit de Dieu errait sur les eaux,
planait, planait, à tutti quanti, à quelle vitesse ? disait l’ami Janké. C’est l’essentiel, l’essence du ciel !
Admettons pour la démonstration qu’à l’époque l’ombre n’allait pas plus vite que la lumière. Le divin planeur a du perdre de la vitesse et se faire prendre au piège de la gravité. Lui aurait pas tombé dessus, l’aurait pas forniquée. La lumière aurait continué son chemin, n’aurait pas fondue. Donc à quelques poussières moins vite que les photons, il planait sec mais pas assez et ce grand con a chu, chu dramatiquement. Et depuis ça c’est charpenté la dessus…
Maintenant, le mal joli luit plus sur la peau des ventres qui s’en-chaleurent à vide que sur les eaux placentaires et autres flaques. Il découple à mort et c’est bien ainsi. Ce n’est pas plus terrible que l’orthodoxie sans pléthore, sans folie, surproduisant des faits à la raison mal cuite qui mâchent nos vies comme des enfants du papier pour faire des papas et des mamans
à unique petit con… Donc, c’est là, lorsque déraillent les vagues-on de la pensée majoritaire, quand l’aube dissout les montres du temps des sexes, quand le brownien jouit et se pourlèche du pipi-peur des organisations, du relâchement des dignitaires, que se rouvre la scie castrice. Et de la plaie éructent les barbelés puis in fine les blanches armes à découper les découplés, les in-produits de la chair-terre. Face à l’angoisse d’un tout qui se re-nude, les jeunesses aux écrans-miroirs, devant nous tous, se mettent à claquer les verrous. Commence alors la montée non pas des eaux redevenues limpides mais celle des gaz, vous m’entendez, des gaz… Non pas moutarde, pas orange non plus, sans doute du type ébola. Et oui, très gros bobo là, virus dans la couille pensante niché aussi à l’uterus roundupisé , monsantisé, monstrantisé. Hé, hé mes petits beaux-beaux ! ».............